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Les valeurs socialistes sont universelles, non parce qu’elles sont nées quelque part et qu’elle ont essaimé partout, mais parce qu’elles ont germé partout et qu’elles sont imprégnées de toutes les cultures et de toutes les utopies.

Nous leurs donnerons donc les contours de nos souverainetés revivifiées. Le monde s’est globalisé ? Qu’à cela ne tienne. Nous planterons et nous grefferons les valeurs républicaines du village au monde.

Nous le sauverons donc, ce socialisme Républicain, social et laïc, en suivant les mots de René Char "Agir en primitif et prévoir en stratège", et en restant fidèles, jusqu'au combat, aux valeurs portées, incarnées, par Laurent Fabius.

Et pour cela, nous sommes prêts à affronter toutes les polémiques, à dompter les violences de l’immobilisme actuel, qu'incarne, par essence, la droite, et qui est dévastateur.

Et pour cela, nous ferons notre ces mots de Laurent Fabius "Je ne sais quelle sera la récompense, mais je sais que la gauche et la France sont deux causes superbes qui méritent qu’on leur consacre sa vie".

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Revue de Presse

Samedi 11 mars 2006
Photo : un instituteur tient dans ses mains la tête d'une petite fille blonde, sous les yeux de ses camarades
 
 
   
  


Nous allons vous parler aujourd'hui, de deux gros réactionnaires fanatiques, sarkozystes convaincus : Ivan Rioufol et Max Gallo. Convaincus par cette nouvelle lubie du patron de l'UMP, son "ministère de l'immigration et de l'identité nationale".

Ils se voient, il va de soi, ainsi que font la plupart des "nouveaux" réactionnaires, comme des résistants.

Résistance à quoi?

Ben cette question: à la "bien-pensance", évidemment.

Au "droit-de-l'hommisme", à "l'antiracisme", et autres lubies "gauchistes".

Nous vivons dans une époque où de grotesques prêcheurs de haine peuvent ainsi poser aux maquisards, pour mieux usurper leur combat pour la tolérance et la fraternité.

Tout d'abord, donc, Ivan le pénible annonce, crânement, dans "Le Figaro", que nous allons devoir faire, en 2007, "un choix de civilisation".

Il précise que "c'est la préservation de la culture qui est (...) posée", et déplore "une indifférence pour les bouleversements identitaires que produit l'immigration extra-européenne".

C'est déjà explicite, mais ça va crescendo: "Une déculturation est en marche, quand la France laisse filer son autorité, sa fierté".

Et qui menace, je vous le demande, la fierté (blanche)?

Notre courageux tribun emprunte sa réponse à Chateaubriand, qui déjà, "découvrant la Grèce (...) sous l'occupation ottomane", s'inquiétait: "La France perdra-telle ainsi sa gloire? Sera-t-elle ainsi dévastée, foulée aux pieds dans la suite des siècles?"

Le (fier) message de notre nouveau Chateaubriand est donc limpide: il est grand temps, aujourd'hui comme hier (et d'ailleurs comme toujours), de bouter le Sarrasin, que l'on n'entend déjà que trop feuler dans nos campagnes.

Pour nous aider à mieux prendre la mesure du péril basané, Rioufol cite "Ayann Hirsi Ali, la rebelle de l'islam", qui "nous a mis en garde" en ces termes, il est vrai, dénués de la moindre ambiguité: "En relativisant la morale et en affirmant l'équivalence des cultures, nombre de vos intellectuels empruntent, sans même s'en apercevoir, les chemins de l'autodestruction".

Quant à "la morale" de ce prêche apocalyptique, elle est, on l'aura compris, que le danger n'est pas seulement foncé de peau, mais aussi musulman.

Rioufol, pour conclure, crache: "La tentation existe, chez les adeptes de la table rase, de laisser l'immigration décider de ce que sera la France de demain. Dans ce cas, la nation aura disparu avant la fin du XXIe siècle. Si personne ne s'en inquiète aujourd'hui, il sera vite trop tard".

Max Gallo, ensuite, en rajoute une (grosse) louche, sur France Info :  "Notre spécificité est menacée car nous ne connaissons plus notre histoire [...] Nous voulons copier des spécifictés étrangères, par exemple il nous faudrait des régions fortes sur le modèle des landers allemands. Nous ne sommes pas l'Allemagne, notre ADN est différent, et je croit que nous ne devrions accepter que des propositions correspondant a l'ADN de la nation."

Et voici la théorie de la pureté de la race qui refait surface. La campagne de Nicolas Sarkozy ne devait-elle pas prendre de la hauteur ? Elle atteint ici des sommets mondiaux d'ignominie.

Par Bruno Lamothe
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Vendredi 6 octobre 2006

Dans cette interview publiée par le journal Libération du 5 octobre 2006, John Monks, secrétaire général de la Confédération Européenne des Syndicats (CES), déclare qu'au sein de la social-démocratie européenne seul Laurent Fabius refuse l'idée que l'Europe ne peut concurrencer les Etats-Unis, la Chine ou l'Inde qu'en bradant l'Etat-providence et en réduisant les services publics

Assiste-t-on en Europe à une explosion des disparités salariales à l'image de ce qui se passe en Grande-Bretagne ?

On voit s'installer sur notre continent l'explosion des déséquilibres engendrés par la mondialisation. On voit les grands gagnants de ce loto : des jeunes, citadins, éduqués, à la tête d'entreprises dans la finance, le management, la communication, les services, le conseil, l'énergie... Ils surfent sur une totale dérégulation des flux financiers, l'ultralibéralisme, la vague d'immigration planétaire. Ils profitent du changement de nature de notre société. Laquelle accepte de voir les inégalités se creuser, au nom de la compétitivité, de la flexibilité et du culte du profit. On voit aussi les grands perdants, les intérimaires, les mal payés, les non-qualifiés : main-d'oeuvre interchangeable face aux délocalisations, aux chantages des multinationales et au recul grandissant du rôle de l'Etat. Les gouvernements laissent faire ou ont peur d'agir.

Pourquoi cette démission face au besoin d'une réelle régulation ?

Ils relaient l'opinion largement répandue parmi les élites. Ces dernières pensent que l'Europe ne peut concurrencer les Etats-Unis, la Chine ou l'Inde qu'en bradant l'Etat-providence, qu'en réduisant les services publics et qu'en brisant le pouvoir des syndicats à gérer les changements. Cette opinion se retrouve chez des hommes politiques de centre gauche comme Tony Blair, Gerhard Schröder et au PS. A part, peut-être, Laurent Fabius...

Que peuvent faire les syndicats face aux patrons des boîtes cotées à la Bourse de Londres qui voient leurs salaires flamber de 28 % alors que le salaire moyen des mêmes firmes s'élève de 3,7 % ?

Il faudrait peut-être commencer par indexer les salaires des dirigeants sur celui des salariés. Plus que jamais, on fait passer les intérêts du capital avant celui du travail, la cupidité et les propres intérêts des patrons et des actionnaires avant ceux des salariés et de l'entreprise. La décision de lier les rémunérations des dirigeants au cours boursiers de leurs entreprises a bouleversé la gouvernance d'entreprise en Europe. Et a engendré un fossé hallucinant.

Cette génération de précaires, de travailleurs jetables qui émerge, a longtemps été ignorée par les syndicats...

C'est vrai, on «recrute» dans le secteur public, les grandes entreprises. Que peut-on faire ? On doit mieux organiser les plus pauvres et les dépossédés, travailler avec les migrants doublement précarisés. On doit faire campagne pour mettre plus sous les feux de la rampe les fat cats, ces «chats» qui s'engraissent sur le dos des salariés. On doit bouger et être plus offensifs : le futur du syndicalisme dépend de notre capacité à nous mobiliser sur ces sujets...

Face au discours ambiant sur la «nécessaire flexibilité», la limitation des hausses salariales, l'Europe sociale tient-elle du mythe ?

Le boom des inégalités, la vitesse de ce boom sont une terrible menace pour l'Europe sociale. Et l'agressivité des stratégies des hedge funds (fonds d'investissements) encouragés par la libéralisation financière est potentiellement une menace mortelle pour l'Europe sociale. Et la Banque centrale européenne ne veut toujours pas comprendre que des hausses de salaire sont une composante de la solution et non du problème. Certes, l'Europe sociale n'a jamais été socialiste, mais elle a rarement été aussi malmenée.

La Banque mondiale vient d'ailleurs de l'épingler dans un rapport sur la pratique des affaires...

Selon elle, les pays qui exigent un préavis en cas de licenciement, qui fixent la semaine de travail à moins de 66 heures ou qui imposent des salaires minimaux supérieurs à un niveau très bas sont considérés comme peu propices aux investissements ! Au fond, le Fonds monétaire international, la Banque centrale européenne, même la Commission, tous campent sur le dogme du consensus de Washington, qui veut que le futur du monde, le bonheur, passe par des vagues de libéralisation de l'économie. Et qu'il faut éliminer toutes les barrières qui entravent la voie au libéralisme... Cette philosophie est fausse, nuisible, et on se battra pour démontrer qu'on peut être compétitif avec une réelle dimension sociale.

Il y a cinq ans, la CES était distante par rapport à la critique radicale portée par les altermondialistes. Aujourd'hui, vous êtes en phase...

Parce que la violence du système s'est radicalisée. Le capitalisme change. Les fonds d'investissement passent d'une firme à l'autre, d'un conseil d'administration à l'autre, spéculent, détruisent, engrangent. Ce sont des parieurs sur le court terme, à la limite de la légalité, qui s'engraissent dans notre nouvelle économie-casino. Même le secteur industriel s'est même aligné sur les nouvelles stratégies financières : rentabilité à 15 %, salaires planchers, droits du travail limés. L'équilibre est rompu. C'est le retour de l'économie de la fin du XIXe ! Avant l'essor du socialisme. Avant l'arrivée de l'Etat-providence. Avant l'éclosion des syndicats. Et ça, on ne peut pas l'accepter.

Par Equipe de campagne
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Vendredi 6 octobre 2006

FRANCE. Les deux outsiders à l'investiture socialiste ne s'aiment pas, mais ont conclu un pacte contre leur rivale.


Sylvain Besson, Paris
Vendredi 6 octobre 2006

 

La campagne au sein du Parti socialiste français est entrée dans sa phase  décisive. Mardi prochain, les trois candidats à l'investiture présidentielle -  Ségolène Royal, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn - participeront à un  premier duel télévisé. La «madone des sondages» y affrontera deux hommes  expérimentés, aux intelligences aiguisées, mais dont la popularité reste  stagnante.

Sur le papier, Laurent Fabius et «DSK» se ressemblent beaucoup. Ils ont des  origines juives et ont grandi dans des familles aisées. Leurs curriculum vitae  sont imposants: Fabius a été premier ministre de François Mitterrand à l'âge de  37 ans et tous deux ont été ministres des Finances dans le gouvernement de  Lionel Jospin (1997-2002). Chacun contrôle un «courant», un cercle de fidèles au  sein du PS. Mais sous la surface, une intense rivalité les oppose depuis des  années.

«Globalement, ces deux personnages se détestent et ont l'un pour l'autre un  mépris formidable», affirme une personne qui a travaillé avec eux. Leurs  tournures d'esprit semblent incompatibles. Laurent Fabius est l'archétype du  serviteur de l'Etat à la française: sorti brillamment de l'ENA, la haute école  de la fonction publique, il est imbibé de culture littéraire (Il est sorti major de sa promotion de l'Ecole Normale Superieure) et sait résumer les  problèmes complexes en petites notes synthétiques.

L'austère et le bon vivant

Face à lui, Strauss-Kahn présente un profil moins classique et moins élitiste:  c'est un économiste devenu avocat d'affaires, qui fonctionne à l'intuition, aime  négocier et use volontiers de son charme personnel. Il a échoué à l'examen  d'entrée de l'ENA, mais dispose d'un réseau de relations très dense à Bruxelles  et dans toute l'Europe.

«Fabius est beaucoup plus francophile, il aime les francais, il a le culte de l'Etat et n'aime pas  les compromis libéraux inhérents à la construction européenne», estime Jean-Michel  Helvig, auteur d'un livre sur Laurent Fabius*. Cette méfiance explique en bonne  partie son opposition à la Constitution européenne, rejetée par référendum en  mai 2005 et que DSK avait défendue avec énergie.

Leurs différences viscérales se reflètent aussi dans leurs styles de vie.  Laurent Fabius est un être cultivé, réservé, élégant. «Chez moi, les roses  poussent souvent à l'intérieur», dit-il de lui-même. Il mène une vie austère,  sort peu et ne boit pas. Son seul péché connu est le coupé Lancia qu'il
possédait lorsqu'il était étudiant. A l'inverse, Dominique Strauss-Kahn est un  bon vivant qui adore les restaurants gastronomiques, les mondanités et les  femmes.

Aujourd'hui, ces deux rivaux occupent des bords opposés du spectre socialiste.  Laurent Fabius défend les «acquis sociaux» à la manière de la gauche française  des années1970. Dominique Strauss-Kahn est présenté par l'Université de  Fribourg, qui l'a fait docteur honoris causa en novembre 2005, comme  «pragmatique», «libéral de conviction» et «très écouté des milieux économiques  internationaux et la droite».

Cette image «droitière» n'est pas le seul handicap du candidat Strauss-Kahn.  Bien que sa base électorale soit Sarcelles, une ville de la banlieue parisienne,  il incarne une certaine forme de gauche caviar. Son contact avec la base est  parfois malaisé, comme le montre cette anecdote cocasse: en 1986, alors qu'il  faisait campagne en Haute-Savoie, «DSK» n'avait pas su répondre à la question d'un contradicteur qui lui demandait si les cornes des vaches poussent devant ou  derrière leurs oreilles.

Un même handicap

Dans ce registre, Laurent Fabius n'est pas très à l'aise non plus. «Il faudrait  que tu assumes ta gueule de bourgeois», lui aurait dit un jour l'intellectuel  Bernard-Henri Lévy. Mal-aimé des sondages, il n'arrive pas à se départir d'une  distance et d'une timidité maladives qui peuvent passer pour de la morgue. Ses efforts pour se rapprocher du  Français moyen - il a fait le tour de France à moto et possède des chèvres - n'ont fait que nourrir les reproches d'opportunisme qui lui collent à  la peau depuis le début de sa carrière.

Au fond, ces frères ennemis souffrent d'un même handicap: une difficulté à  entrer en résonance avec le «peuple». Contre Ségolène Royal, ils ont conclu un  pacte tacite, se montrent désormais courtois l'un envers l'autre et évitent de  s'attaquer. «Ils ont commencé sinon à s'apprécier, du moins à se respecter»,  assure Jean-Christophe Cambadélis, le bras droit de Dominique Strauss Kahn.

Le calcul est simple: Laurent Fabius comme DSK veulent que Ségolène Royal  obtienne moins de 50% des voix le 16 novembre, lorsque les militants du PS  éliront leur candidat(e) présidentiel (le). Celui qui terminera deuxième et  arrivera au second tour pourra gagner, croient-ils, grâce à la dynamique du  «tout sauf Ségolène». En attendant, il faut se ménager, même si chacun espère  bien passer devant l'autre le soir de l'élection.

*L'Homme qui voulait être président, Jean-Michel Helvig, Robert Laffont, 2006.

Par Equipe de campagne
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Samedi 7 octobre 2006
Cap sur 2007. Lors d'une réunion à la Mutualité à Paris, samedi, le conseil national du Parti socialiste validera les candidatures de Laurent Fabius, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn à l'investiture pour la présidentielle. L’occasion pour le parti de la rue de Solferino de lancer officiellement sa campagne.
 
A la tribune du conseil, les trois prétendants présenteront l'orientation générale de leur campagne, avant l’ouverture d’un débat général immédiatement après. Ségolène Royal, la favorite des sondages, interviendra devant le conseil national pour la première fois depuis le début de sa pré-campagne, il y a plusieurs mois.
 
C’est le 16 novembre que les militants socialistes voteront afin de désigner leur candidat, avec un éventuel second tour le 23 novembre.
 
En attendant cette échéance, deux tiers des parlementaires socialistes ont déjà exprimé leur préférence entre Laurent Fabius, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn.
 
A l’Assemblée nationale, 92 députés (sur 142) ont fait connaître leur choix ; 39 soutiennent Laurent Fabius, 36 optent pour Ségolène Royal et seulement 17 pour Dominique Strauss-Kahn.
 
Du côté des sénateurs, 65 (sur 90) ont tranché. Ségolène Royal et DSK reçoivent chacun 23 soutiens, alors que Laurent Fabius en compte 19.
 
Par Bruno Lamothe
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Lundi 9 octobre 2006
La campagne pour l'investiture présidentielle du PS officiellement ouverte, la "fabiusie" se met en marche. Devant quelque 1 500 militants, réunis dimanche 8 octobre dans un gymnase de Pantin, et une forêt de drapeaux, douze orateurs se sont relayés pour ouvrir la marche à Laurent Fabius. Douze interventions ciblées contre la candidature de Ségolène Royal, "les sondages qui se trompent", et même, selon le sénateur de l'Essonne, Jean-Luc Mélenchon, "cet étalage d'images de famille princière".

Nouveau venu dans les rangs fabiusiens, Mickaël Moglia, secrétaire général de Rénover maintenant, le courant d'Arnaud Montebourg, a pris son tour en dénonçant "une candidate qui propose le contraire de ce que nous sommes : jamais nous n'avons proposé la mise en internat des primo-délinquants, jamais nous n'avons demandé la suppression de la carte scolaire".

Alors que M. Montebourg fait aujourd'hui partie des porte-parole de Mme Royal, lui choisit "Laurent". "La rénovation, affirme M. Moglia, ne consiste pas à contourner le parti, à dire le contraire de notre projet, à ériger les Français en meilleurs experts."

Alain Vidalies, député des Landes, fustige le thème de la revalorisation du travail prônée par Mme Royal : "Dans toutes les batailles sociales, on n'a entendu que ça des bancs de la droite : "vous avez dévalorisé le travail"", lance-t-il avant de s'en prendre à la "capitulation-renonciation". L'économiste Jacques Généreux trouve "indigent que la ligne des militants politiques doive suivre celle de l'opinion". "Sexisme" de la candidate femme, "imposture" de ses idées, tout y passe.

Deux heures plus tard, le terrain ainsi préparé, Laurent Fabius se présente : "Je suis le candidat du projet socialiste. Je suis le candidat du pouvoir d'achat. Je suis le candidat de la construction du futur."

Sous le regard de Pierre Joxe, du juge Eric Halphen, et de Pierre Juquin, l'ex-dirigeant communiste candidat de la "gauche alternative" à l'élection présidentielle de 1988, M. Fabius a brossé en 60 minutes un panorama complet de son programme, de l'écologie au nucléaire iranien en passant par le rejet de la hausse des taux d'intérêt de la Banque centrale européenne. La veille, devant le conseil national du PS, il avait été plus "frontal" en appelant à "dire la même chose quand on est loin des militants que quand on est près".

Dominique Strauss-Kahn l'avait précédé : "le renouveau ne doit pas conduire à toutes les échappées vers les demandes de l'opinion. C'est à nous de structurer la vision politique, pas de la recevoir".

Tous deux ont critiqué le discours sur la nation de Mme Royal. En retour, celle-ci a annoncé que "le siège de la campagne sera celui du PS". Les trois candidats devraient recevoir chacun 25 000 euros du parti pour mener leur campagne d'ici au vote des militants, le 16 novembre.

Par Equipe de campagne
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Mercredi 11 octobre 2006

(Libération - 11 octobre 2006)

Mercredi à l'Assemblée nationale, la candidate à l'investiture socialiste a livré ses «réflexions» pour l'Europe de demain. Une réponse – à moitié convaincante – à sa virée bruxelloise de septembre où elle avait brillé par son absence de vision.

Avec un mois de retard sur Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal a livré mercredi «l’état de (ses) réflexions» sur l’Europe, lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale. Un oral de rattrapage parisien destiné à combler la vacuité des propos tenus par la candidate socialiste lors de son météorique passage à Bruxelles, le 13 septembre. Flanquée de ses trois porte-parole – Arnaud Montebourg, Jean-Louis Bianco et Gilles Savary – Ségolène a lu, durant quarante minutes, un speech structuré, comme il se doit, en trois parties, assorti d’une rafale de «propositions concrètes».

La seule proposition originale et courageuse qui s’en dégage est celle de «rétablir immédiatement l’aide européenne aux Palestiniens», car il est, dit-elle, «irresponsable de compter sur la perspective d’une guerre civile pour éliminer le Hamas». Pour le reste, la présidente de Poitou-Charentes propose de «construire l’Europe par la preuve», leitmotiv très proche de «l’Europe des résultats» prêchée par Chirac depuis le non au référendum du 29 mai 2005.

A Sarkozy, qui prône l’adoption d’un «mini-traité» en lieu et place de la Constitution européenne, Ségolène Royal rétorque qu’il faut «redonner une envie d’Europe» aux Français avant de leur parler de réforme institutionnelle. D’autant que ce sujet reste un facteur de division entre ouistes et nonistes de la famille socialiste.

Pour prouver que l’Europe œuvre au «bien-être des peuples», Ségolène a déballé un catalogue de suggestions, telles que l’affectation d’une part de la fiscalité sur les carburants à la construction de réseaux européens de transports propres, l’adoption par l’Union européenne de «critères de convergence sociale» ou la réforme du Pacte de stabilité, de manière à sortir du déficit budgétaire les dépenses publiques de recherche-développement (un autre des «dadas» chiraquiens).

N’en déplaise à la présidentiable socialiste, certaines de ses propositions sont déjà réalisées ou en voie de l’être, lorsqu’elle suggère par exemple d’interdire de travailler plus de 48 heures par semaine ou de faire rembourser les aides européennes par les entreprises qui délocalisent.

Quant à la question de l’élargissement à la Turquie, Ségolène Royal s’est courageusement retranchée derrière la vox populi: «mon opinion est celle du peuple français», a-t-elle dit, en rappelant que l’adhésion de ce pays serait soumise à un référendum «pas facile» en France.

Par Nathalie DUBOIS

Par Bruno Lamothe
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Jeudi 12 octobre 2006
 
Les partisans de la députée ont posé des conditions draconiennes à ses confrontations avec Fabius et DSK.
Par David REVAULT D'ALLONNES
 
Qui a peur du grand méchant débat? Ségolène Royal, accusent à l'unisson les partisans de Laurent Fabius et de Dominique Strauss-Kahn, ses deux concurrents dans la course à l'investiture socialiste. Ils arguent des préventions prophylactiques imposées par son équipe autour des six futures confrontations entre les trois candidats (1) pour pointer «la stratégie de l'antisèche maximum» déployée par l'élue des sondages. Les amis de Ségolène Royal, eux, jouent la responsabilité. Sur le thème: ne pas insulter l'avenir du ­ ou de la ­ futur(e) candidat(e), dont le profil pourrait être endommagé par une distribution des horions. «Ça n'est pas une dérobade, mais le souhait d'assurer une confrontation sereine pour préserver celui ou celle qui portera nos couleurs», assure Gilles Savary, porte-parole de la candidate. Un parlementaire est nettement plus cruel: «Ses partisans redoutent un exercice dans lequel elle pourrait être prise en défaut, et mesurent son niveau d'impréparation sur les gros sujets. Ou peut-être ont-ils simplement peur qu'elle dise ce qu'elle pense...» A l'origine, Ségolène Royal, de débats, ne voulait pas entendre parler. Mais le rapport de force a joué en faveur des socialistes favorables à ce type de confrontation. «Ils ont la majorité dans toutes les instances du parti, explique Arnaud Montebourg, autre porte-parole de la députée. Ils nous ont imposé tout ce qu'ils veulent.» 
Tractations. La réalité est plus nuancée: dans les négociations de ces derniers jours, autour des trois débats télévisés, entre les représentants des trois écuries et de la Chaîne parlementaire et Public Sénat, qui les diffuseront, les «royalistes» se sont montrés «les plus exigeants», rapporte un témoin: «Ils ont exigé un droit de regard sur tout.» De la composition de l'auditoire (30 personnes, 10 invités par candidat) au nombre de questions (10 thèmes initialement, et d'autres si le temps le permet) sélectionnées sur la base de messages envoyés par les militants sur le site Internet du PS, en passant par le temps de réponse par candidat (3 minutes 15 par question, soit une demi-heure en tout) et l'épineuse question des plans de coupe, les tractations furent épiques. «Une rencontre de diplomatie internationale, commente un fabiusien, en comparaison de laquelle les rites du Vatican deviennent très simples...» 
Maximisation. La disposition en ligne des trois pupitres, façon Julien Lepers, a été défendue bec et ongles par les partisans de Ségolène Royal qui ont tenté d'éviter toute confrontation directe, de la parole comme du regard. Mais qui ont tout de même concédé que le pupitre du milieu soit reculé de... 30 centimètres. Le socialisme est plus que jamais un sport de combat. Même la préparation de la rencontre donne lieu à match, dont on mesure l'enjeu: la maximisation des ressources personnelles de chaque prétendant. «Fabius, orateur de salle, veut tout jouer sur le débat devant les militants, DSK a une pédagogie qui passe mieux à la télé, résume un député. Et Ségolène pense qu'elle est la meilleure dans une relation directe avec l'opinion et que c'est elle qui a le plus à perdre dans ce type de débat, où tout le monde attend la faute.» Calcul sensé, poursuit cet élu: «Tout ce qu'elle dit pourra être utilisé contre elle. On est à l'affût. Et elle craint que ce harcèlement politique lui fasse perdre des parts.» Hypothèse évacuée par le porte-parole, Gilles Savary: «Tout le monde spécule sur un effondrement qui ne viendra pas.» 
En attendant, la première «confrontation indirecte comparative», selon le mot de Richard Michel, de la Chaîne parlementaire, sera consacrée, le 17 octobre, aux questions économiques et sociales. Et même s'il «regrette le style un peu figé et l'évitement du dialogue», Claude Bartolone, lieutenant de Laurent Fabius, en convient: «L'essentiel, c'est que ces débats aient lieu...» 
(1) Trois à la télé, trois devant les militants, à Paris, Toulouse et une troisième ville.
Par David REVAULT D'ALLONNES - Liberation
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Vendredi 13 octobre 2006

Claude Bartolone met en garde Ségolène Royal qui veut boycotter les débats

(AP - 13 octobre 2006)

Alors que Ségolène Royal a annoncé jeudi qu'elle pourrait boycotter les débats internes au Parti socialiste, le fabusien Claude Bartolone a rappelé vendredi que c'est elle qui "ne voulait pas que ces débats aient une audience plus importante" alors "il a fallu trouver un compromis" et, selon lui, ses souhaits ont été respectés.

"S'il y a trop de débats, je me réserve le droit de ne pas m'y assujettir. Je verrai si c'est nécessaire de poursuivre", avait affirmé jeudi la candidate à l'investiture socialiste, au premier jour de sa visite à La Réunion. "J'entends ces petites phrases où l'on me met en cause. Je n'y réponds pas. Les socialistes ne doivent pas se regarder le nombril et le peuple français ne veut pas voir les socialistes se replier sur eux-mêmes".

"Je ne comprends même pas comment elle peut en douter", a répondu Claude Bartolone sur LCI. "Cette remarque est blessante après 'la machine à perdre', la remise en cause des débats, laisser entendre qu'il y aurait des socialistes qui seraient prêt à perdre les élections présidentielles..."

"Vraiment, je souhaite qu'elle retrouve son calme le plus rapidement et qu'elle se rendre compte que ces débats son nécessaires", a insisté Claude Bartolone avant de citer la conférence de presse tenue par Ségolène Royal sur l'Europe mercredi: "elle n'avait aucun contradicteur, et pourtant ça a été une conférence où elle a été imprécise et où elle a tenu des propos qui ne permettent pas de rassembler le peuple de gauche sur la question européenne".

"Je pense que ce n'est pas une question de débats. Il faut que les socialistes soient précis. Il faut que nos candidats à la candidature soient ciselés pour donner envie (...) de voter à gauche au moment venu", a précisé le directeur de campagne de Laurent Fabius.

Il a mis en garde contre un nouveau 21 avril. En 2002, "le parti a été trop silencieux". Et "nous n'avons pas été capables de dire collectivement à Lionel Jospin: voilà la campagne ne prend pas".

"Un moment donné il faut passer un compromis, y compris pour respecter les souhaits de Ségolène Royal. Elle ne voulait pas que ces débats aient une audience plus importante sur une chaîne généraliste ou que la télévision et la radio puissent assister aux débats régionaux. Nous n'avons pas voulu casser la baraque. Il a fallu trouver un compromis, nous allons le faire sous une forme qui est acceptée par tous les candidats", a souligné Claude Bartolone

Il a également pointé du doigt François Hollande et son impartialité. "Je le trouve arbitre engagé: vous savez le genre d'arbitre qui est sur le banc de touche. Il essaie de donner la règle et puis dès qu'il voit sa candidate en danger il rentre sur le terrain".

"J'espère qu'il va arrêter ce genre de pratique parce que ça va nous donner une drôle d'impression sur la définition du mot impartialité", a conclu Claude Bartolone

Par Bruno Lamothe
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Vendredi 13 octobre 2006

Par David REVAULT D'ALLONNES

(Libération - 13 octobre 2006)

La socialiste menace de ne pas participer aux confrontations avec ses concurrents.

Les escapades électorales à la Réunion se révéleraient-elles fatalement périlleuses pour tout candidat socialiste ? Après Lionel Jospin en 2002, et sa dévastatrice sortie, dans l'avion du retour, sur un Chirac «vieilli, usé et fatigué», Ségolène Royal a créé la surprise, hier, depuis l'océan Indien, en laissant planer le doute sur sa participation aux confrontations entre les candidats PS à l'investiture présidentielle. «Je ferai les débats dans la mesure où ils sont nécessaires», a-t-elle expliqué. Mais la favorite des sondages, qui n'a «pas envie de [se] faire ballotter», a prévenu : «S'ils sont trop nombreux, s'ils sont détournés de leur véritable destination, je me réserve le droit de ne pas m'y assujettir.»

Les proches de ses concurrents, instantanément, ont bondi sur l'occasion. «Maintenant que les règles socialistes du débat sont fixées, on ne peut à la fois revendiquer le respect de ces règles et refuser de se les voir appliquer», défouraille Jean-Christophe Cambadélis, lieutenant de DSK. Alors qu'un fabiusien feint la surprise : «La championne de la démocratie participative refuserait-elle de participer à la démocratie ?»

Fébrilité. Conforme à sa position quant aux débats, cette sortie de la députée se révèle risquée : elle intervient après des négociations dignes de la préparation d'un sommet israélo-palestinien (Libération d'hier) entre les états-majors des trois candidats. Le député Gaëtan Gorce, membre de son état-major, a d'ailleurs illico tenté de désamorcer l'affaire, expliquant que Ségolène Royal souhaitait juste que les débats «se passent bien et soient utiles». Commentaire d'un proche de Fabius : «Ce ne sont plus des porte-parole, ce sont des atténue-parole.»

Au-delà de cette péripétie réunionnaise, une certaine «fébrilité» a gagné, ces jours-ci, l'équipe de Ségolène Royal. Après une prestation jugée terne, samedi lors du conseil national, sa position sur l'adhésion de la Turquie ¬ «Mon opinion est celle du peuple français» ¬ a été jugée un peu courte. Par ceux qui, au PS, n'ont pas encore choisi leur champion : «J'essaie de trouver des raisons de m'enthousiasmer, mais ce que j'ai vu au conseil national, entendu sur la Turquie et sur les débats ne m'en a pas fourni», confie un hésitant. Plus inquiétant, ses proches commencent à douter : «Plus que jamais, il faut qu'elle s'en tienne à ses fiches», a confié un membre de son staff à un député ami.

Déni. L'entourage de la candidate, lui, nie en bloc : «Rien de tel chez nous. C'était une bonne et solide conférence de presse.» Les soutiens de Ségolène Royal, jusqu'ici peu belliqueuse, annoncent même la contre-offensive : «Les autres la mettent en cause sur sa compétence ? On va parler de la compétence de ceux qui ont été aux manettes.» Le symptôme d'une certaine nervosité ?

 

Par David REVAULT D'ALLONNES - Liberation
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Dimanche 15 octobre 2006

Laurent Fabius : Les électeurs attendent des "réponses" des politiques

(AFP - 14 octobre 2006)

Laurent Fabius a estimé samedi à Artigues-près-Bordeaux que "ce qu'on attend d'un responsable politique c'est qu'il apporte des réponses" aux questions des électeurs, redoutant dans le cas contraire des "déceptions".

"Il faut être proche du peuple, cela dit, ce qu'on attend d'un responsable politique, c'est qu'il apporte des réponses" aux questions des électeurs, a-t-il indiqué en réponse à des question de journalistes avant une réunion avec ses comités de soutien à Artigues-près-Bordeaux.

Dans le cas contraire "il peut y avoir des déceptions", a-t-il ajouté estimant qu'il "faut prendre ses responsabilités et faire preuve de courage" en tant que responsable politique.

M. Fabius doit participer dans la soirée à une "Fête de la Gerbaude" à Marcillac (Gironde), à laquelle sont attendues 500 personnes, au côté notamment du président du conseil général de Gironde Philippe Madrelle, du secrétaire fédéral du PS de Gironde Alain Anziani et de Gilbert Mitterrand, l'un des fils de François Mitterrand, maire de Libourne et conseiller général de Gironde.

Ce dernier, interrogé par la presse, s'est déclaré favorable à la candidature à Laurent Fabius à l'élection présidentielle.

"J'ai une certaine fidélité dans mon parcours à Laurent Fabius", a indiqué M. Mitterrand. "Je suis solidaire avec mes amis qui soutiennent en Gironde Laurent Fabius", a-t-il poursuivi précisant qu'il "faut faire un choix". Moi j'ai celui là, qui est celui de la fidélité, qui ne s'effectue d'ailleurs contre personne".

M. Fabius a par ailleurs souligné qu'il abordait les débats entre candidats à l'investiture socialiste avec "sérénité" et "tranquillité". "Il ne faut pas du tout les redouter. Nous sommes entre camarades", a-t-il ajouté.

"Je souhaite que François Hollande, en tant que premier secrétaire, soit impartial, c'est la moindre des choses", a-t-il précisé.

Par Laurent Fabius
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